Il est des êtres riches de tant de facettes qu’il est bien difficile de les connaître. On perçoit la diversité de la personnalité et on remet à un peu plus tard le fait d’en apprendre davantage. Jusqu’au jour où la surprise de l’inexorable nous prend au dépourvu. C’est fini. Les parts d’ombre, de lumière, de mystère, demeureront où elles se trouvent. On ne connaît jamais vraiment personne, pas même ceux que l’on aime.

Beaucoup ont fréquenté, aperçu, apprécié, la conservatrice des bibliothèques de l’UCLy, cette femme tout entière engagée syndicalement, humainement, et théologiquement assumant son protestantisme dynamique et ouvert au sein d’un environnement catholique .

-“Mais, Michèle ! Toi la fidèle, qu’as-tu fait dans cette nuit du 10 janvier ? Ou es-tu allée sans rien dire, en nous laissant, nous tes amis, tes chats, tes livres ? Nous encore… Mais tes “pattus-velus”, tes bouquins ?????”

-“On s’appelle en début d’année quand tu reviens ?” m’as-tu dit mi décembre. Je devais être rentrée de voyage ce 01 janvier où ton SMS m’a jointe alors que j’étais bloquée au Canada.  Je t’ai écrit, mais j’ai reporté mon appel. Trop loin.

-“La prochaine fois que je viens à Izeaux, promis, je te la ferai, ma fameuse forêt noire !” Voilà bien la seule promesse que tu n’as pas tenue, me concernant. Je ne verrai donc plus tes “pattus-velus” et ne mangerai plus de forêt noire, puisque je n’ai jamais pu goûter la tienne. Noémie envisage de garder Lolita. Félix (tu râlais quand je l’appelai le lâche) ne va pas tarder à mourir de chagrin…

Qui, à l’Université catholique de Lyon connaît cette Michèle ? Isabelle, Noémie, Évelyne, … quelques autres. Beaucoup sont partis. De ses amis, il reste si peu de monde. Je pense à Pierre Gire qu’elle rejoint…

De nombreux collègues, des centaines d’enseignants, des milliers d’étudiants ont pu admirer, émerveillés, l’étendue de la culture de Madame Behr. Et son hochement de tête quand, observant une bibliographie, elle remarquait surprise : “mais vous ne mentionnez pas XXXX ou YYYY pour aborder ce sujet ?” Tout se passait comme si elle avait instantanément saisi la problématique ; alors la référence absente nous sautait au visage. Chère précieuse Michèle !

Tu as relu toute ma thèse en bougonnant, toi la”parpaillote” qui voulais me convertir 🙂

-“Mais tu penses comme moi !! Qu’est-ce que tu fiches là ?” Tu savais qui j’étais ; je te connaissais un peu… Nous avons beaucoup ri ensemble. Nous nous sommes disputées un peu aussi, parfois. Deux têtes de mule face à face : normal. Tu prêchais au temple, tu as été forte dans ton engagement religieux comme dans ta vie professionnelle.

Mais je ne veux pas faire ton éloge funèbre. Tu es vivante en moi. J’espère que ce petit message conduira à de nombreux autres témoignages…

Je n’oublierai rien de nos souvenirs communs, ni les repas pleins de polémique, ni le bazar adorable qui s’installait chez nous avec ta venue. Et je veux garder présente, la grande dame que tu es, avec ta finesse d’esprit, ta générosité au-delà de tout ce que les mots peuvent exprimer.

J’étais chez moi dans la bibliothèque de la rue du Plat. J’y ai passé des heures avant de venir te récupérer dans ton bureau pour aller déjeuner à l’Otarie ; parfois avec Évelyne, parfois avec d’autres… et nous refaisions le monde.

Tout le monde n’a pas su t’apprécier à ta juste valeur du temps de la Catho, mais beaucoup ont reconnu tes talents et je suis émue de voir comme tu as marqué cette époque où la faculté de théologie était un endroit où nous étions si bien. Tu es partie à temps, je crois.

A Dieu Michèle.

sylvaine Landrivon

Nouvelles indications concernant les funérailles

Bonsoir très chères sœurs, très chers frères,

Contrairement au message des pompes funèbres que j’ai relayé et même annoncé hier au culte, il n’est plus possible ni à la famille ni à notre paroisse et à ses connaissances et ami-e-s d’aller s’incliner devant les dépouilles de notre sœur  Michèle Behr. Nous ne pouvons non plus assister ni à la mise en bière ni à la fermeture du cercueil.

Nous allons donc nous retrouver, pour ceux et celles qui le peuvent, le mercredi 26 janvier 2022 09h45 à la chambre funéraire de Villeurbanne 15 rue du cimetière 69100 Villeurbanne, pour un moment de recueillement et de prière avant le départ pour la crémation.

En vue de rendre un hommage mérité à notre sœur,  nous organisons un culte d’action de grâce le samedi 29 à 14h à l’Espace Protestant Théodore Monod, 22 rue Romain Rolland 69120 Vaulx en Velin.

Je vous prierais de faire circuler cette information.

Bien fraternellement,

Samuel

JE COMPTE SUR VOUS POUR CONTINUER LES TÉMOIGNAGES !!!!!

Un texte transmis par une se ses amies, évoque ses années à la BU de Montpellier où elle a fait un travail important et organisé le déménagement . A lire dans le lien ci-dessous.
https://iptmontpellier-100ans.fr/temoignage-de-mme-michele-behr-bibliothecaire/

Lu dans la newsletter bimensuelle de l’UCLy du 20 janvier au 03 février :

Michèle Behr nous a quitté le 11 janvier dernier à l’âge de 72 ans. Elle avait été la conservatrice de la bibliothèque universitaire de l’UCLy durant 26 ans, jusqu’à son départ à la retraite en 2016. Son dévouement et sa gentillesse sont encore dans les esprits des personnes ayant collaboré avec elle.

Après avoir travaillé à la bibliothèque de l’Institut Protestant de Montpellier, Michèle avait rejoint notre université en 1990.

En 2005, elle avait participé à la création du Centre de Ressources Documentaires du campus Carnot. Dix ans plus tard, elle pilotait le déménagement de la bibliothèque située dans les locaux de Bellecour et son aménagement au sein du campus Saint-Paul. Michèle a aussi œuvré pour la mutualisation des données, ainsi que pour une meilleure visibilité de nos collections.

Elle était notamment à l’initiative de la création des inventaires de la bibliothèque. En tant que conservatrice, elle a initié l’adhésion de l’UCLy aux réseaux SUDOC (Système universitaire de DOCumentation, ABCF (Association des Bibliothèques Chrétiennes de France) ou encore BETH (Bibliothèques Européennes de Théologie).

Enfin, Michèle a également été très active dans les instances représentatives du personnel.

Il y a 6 ans, elle prenait sa retraite. Elle était depuis lors fortement engagée dans différentes actions menées dans sa paroisse protestante.

La cérémonie de ses obsèques aura lieu mercredi prochain, à 9h45 à la Chambre Funéraire de Villeurbanne.

L’équipe de la BU Henri de Lubac souhaite s’associer à la peine de sa famille. Toutes nos pensées et prières vont à ses proches”

3 réponses pour “A Dieu Michèle, la “reine” (syndiquée, généreuse et passionnée) des bibliothèques.”

  • À mon tour de témoigner de ce que fut ou de plutôt ce qu’est Michèle pour moi.
    J’ai rencontré Michèle à 25 ans, au debut de ma carrière de bibliothécaire au sein de l’ABCF et j’ai su tout de suite que je voulais faire comme Michèle.
    Michèle, la professionnelle, qui place avant tout le bien-être de son équipe, de sa bibliothèque et de son fonds.
    Michèle, la savante, capable de guider, de corriger et de suggérer des lectures
    Michèle, l’amie, avec qui on pouvait boire le thé pendant des heures en parlant d’exposition, de livres, de ses relectures pour Olivetan.
    Michèle, la fragile, je ne me souviens pas d’une conversation où les larmes ne soient pas montées pour une raison ou pour une autre. J’aime chez elle ce don des larmes, signe de sa sensibilité.
    Michèle, je ne peux pas croire en ton départ et j’aimerais tant pouvoir un jour te ressembler.

  • Le Syndicat CGT de l’UCLy dont j’ai eu l’honneur d’être le délégué, créé par Evelyne et moi avions dès l’ouverture reçu l’aide de Michèle Behr. Et quelle aide ! Généreuse et désintéressée, toujours tournée vers les autres, pas de nombrilisme avec Michèle. J’ai souvent pu m’appuyer sur toi chère amie ainsi que sur Daniel (Sorgus) et Evelyne pour rédiger tel ou tel article pour les négociations avec la direction. Tu es partie à la retraite un peu avant moi et nous avons continué à nous écrire des mails amicaux sur différents sujets d’actualité. Tu devais venir partager un repas chez nous et le méchant Covid s’est invité qui n’a pas permis nos retrouvailles. Tu es partie rejoindre Pierre Gire et Yann, ton cousin, nul doute que vous fassiez à vous trois rire et réfléchir ceux qui sont partis avant vous. Il est temps pour moi de te dire A Dieu, mais je le dis avec une tristesse incommensurable et une joie de te savoir surement au paradis ! A Dieu chère Michèle. Jean

  • Michèle m’avait accueilli avec un grand sourire lors de mon « transfert » de la catho de Paris à Lyon en 2005. De suite mis à l’aise dans ce nouvel espace géographique et culturel, car « pointu » de naissance, je découvrais la catho de Lyon avec confiance et fier de mes nouvelles racines vantées à juste titre par Michèle. Il était dit que je serai conduit tout au long de mon parcours au sein des cathos par une conservatrice protestante, ce qui m’a permis d’élargir et d’enrichir le fond de mon modeste engagement en leur sein. Nous nous amusions de ces différences en nous adressant quelques blagues liées aux traits de caractères supposés des uns ou des autres, en toute franchise et amitié. Michèle avait aussi fait confiance à Juliette, ma compagne et graphiste, pour refondre avec Yann C. et Gilles B. la maquette du bulletin de l’ABCF. Ce fut pour eux tous je le sais un moment d’échange et de création aussi souriant que productif, avec Michèle au centre de ce partage de nouveauté et d’imagination. Voilà ce que proposait Michèle, et malgré les difficultés rencontrées au cours de cette période professionnelle au sein de l’Ucly, les épreuves traversées avec la disparition de notre collègue Yann, nous pouvions compter sur sa volonté sans faille de faire bien.
    Au revoir Michèle
    Olivier

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