Qui suis-je ?

Je m’appelle Sylvaine Landrivon. Je suis née le 06/05/1956. Je suis mariée, mère et grand-mère. D’abord enseignante en Sciences Humaines, dès l’obtention de mon Doctorat en Théologie en 2012, j’ai assumé avec joie, les charges qui m’ont été confiées par l’Université catholique de Lyon, notamment dans le cadre du lancement de la première plate-forme d’enseignement à distance de la théologie en France : Théo en ligne. J’ai exercé dès 2010 les fonctions de tutrice puis de responsable pédagogique de cette formation théologique en ligne, qui accompagne environ 450 personnes par an dans leur désir d’approfondissement de la foi chrétienne. Bien que désormais retraitée, je poursuis ce mode de transmission en Théologie fondamentale, Christologie, Création/eschatologie, et Grâce du Christ.

La chaleur des liens tissés avec les étudiants montre que Théo en ligne est devenu plus qu’une communauté apprenante, c’est une communauté priante, une communauté de vie dont la richesse est immense et qui montre que désormais, la distance n’amoindrit pas toujours la relation.

Parallèlement, mes ouvrages me situent mieux qu’une biographie. Mon thème de recherche étudie la place accordée aux femmes dans l’Écriture, chez les Pères et en Église.

J’ai ainsi publié :

  • Faîtes-les taire. Judith, un enseignement subversif, Préface d’Élisabeth Parmentier, Lyon, Olivétan, 2014, 208 p.
  • La femme remodelée. Centrer la grâce d’être femme sur la maternité : choix de Dieu ou des hommes ?, Paris, Éditions du Cerf, 2016, 488p. (Réédition de la publication de 2014).
  • Marie de Magdala « apôtre » ? Vers une ré interrogation du rôle des femmes dans l’Église, Paris, Éditions du Cerf, 2017, 208p.
  • Marie-Madeleine. La fin de la nuit, Paris, Éditions du Cerf, 2017, 230p. ; Traduit en italien en 2019 : Maria Maddalena. La fine della notte, Brescia, Queriniana, 192 p.
  • Les femmes dans l’évangile de Jean, Livre numérique sur : https://www.mondedelabible.com/les-femmes-dans-levangile-de-jean/, Bayard, 2019.
  • La voie royale. Vivre l’accouchement comme une Pâque et l’oser sans anesthésie, Paris, Éditions du Cerf, 2020, 350p.

 

Ma vie spirituelle

Issue d’une famille de stricte morale mais athée (à l’exception d’une grand-mère catholique), ma foi a précédé de longtemps mon baptême. Le lekh-lekha (« va, va vers ton destin ») adressé par Dieu à Abraham, a été pour moi une joyeuse illustration de mon propre appel, quand le prêtre rencontré au lycée m’a offert ma première Bible. De même, mes études théologiques ont confirmé mes intuitions de foi m’assurant d’un Christ, Dieu d’amour venu accueillir chacun dans son individualité et traversant la mort pour le salut de tous.

J’ai alors compris que j’avais fait mienne depuis mon enfance, la mission donnée par Jésus à Marie de Magdala « Va vers mes frères et dis-leur… » (Jn 20.17) : je veux et dois aller dire à mes sœurs, à mes frères, -qui qu’ils et elles soient-, que Dieu les aime, que leur vie est importante à Ses yeux, et qu’Il les sauvera, quoi qu’il advienne.

Par un courrier adressé au nonce apostolique, je me suis portée candidate avec six autres femmes rassemblées dans le collectif « Toutes Apôtres », pour occuper une charge épiscopale dans l’Église catholique. Que signifie ma démarche ?

Docteure en théologie, je n’ignore pas ce que cette candidature a de dogmatiquement incongru. Mais quand Judith proposait aux prêtres et aux anciens d’aller combattre Holopherne pour sauver son peuple et la foi en son Dieu, ou lorsque Marie de Magdala choisit de suivre Jésus et de l’assister de ses biens, le défi n’était pas moindre. Et sans prétendre à d’aussi nobles comparaisons, quand l’Église du Christ vacille sous les drames qui l’assaillent au grand jour, la moitié du Peuple de Dieu que constituent les femmes, ferait preuve de lâcheté en persévérant dans le silence, sans revendiquer son appartenance pleine et entière à l’Église dont elle est totalement membre, et qu’elle peut contribuer à relever.

C’est pourquoi je propose de vivre et penser notre Église autrement et, forte de l’investissement d’Anne Soupa pour rendre visible la présence féminine dans notre Église, je revendique à mon tour des prérogatives jusque là réservées aux seuls éléments masculins de la communauté catholique.

Je pourrais quitter l’Église catholique et chercher dans d’autres la reconnaissance que je ne trouve pas en son sein. Mais j’ai fait mienne la devise du comité de la jupe, si chère à Christine Pedotti : « Ni partir, ni se taire ! »

Et notre communauté ecclésiale ne pourra pas rester éternellement fermée à l’engagement de femmes au côté des hommes, dans les mêmes fonctions. Elle en possède les « outils ».

La théologie a connu un véritable réveil au XXe siècle, rendu visible au monde par l’apport du concile Vatican II. Sa constitution Gaudium et spes §29 a notamment dénoncé comme devant être dépassée et éliminée « toute forme de discrimination (…) qu’elle soit fondée sur le sexe, la race, la couleur de la peau, la condition sociale, [car] contraire au dessein de Dieu ».

D’ailleurs, une lecture biblique dépouillée d’interprétations androcentriques montre que les illustrations d’une collaboration féminine sans subordination ne manquent pas. C’est ainsi que dans la plus stricte fidélité à l’évangile, tout permet aux femmes de s’impliquer au service de la communauté au même titre que les hommes, comme l’ont fait les collaboratrices que saint Paul mentionne dans ses épîtres, en ces temps anciens où les prêtres n’existaient pas. Seuls, diacres, diaconesses et évêques assuraient l’organisation de l’institution et la transmission de la Parole.

Hervé Legrand souligne que le concile Vatican II voit de nouveau dans l’évêque, la figure de l’envoyé, responsable de l’annonce de l’Évangile au monde, renouant ainsi avec la chaîne de transmission issue des apôtres. Et dans ce même esprit, Yves Congar définit le fondement de l’apostolicité par le fait d’avoir vu le ressuscité et d’avoir reçu de lui une mission.

Or que nous dit saint Thomas d’Aquin à propos de Marie de Magdala au §2519 de son Commentaire sur l’Évangile de saint Jean ? « Elle [Marie de Magdala] a reçu un rôle apostolique ; bien plus, elle est devenue apôtres des apôtres en ceci qu’il lui fut confié d’annoncer aux disciples la Résurrection du Seigneur. »

La « filiation » apostolique féminine peut donc fleurir aisément de ses racines scripturaires, si l’on rejette les objections anthropologiques sexistes qui l’ont étouffée depuis des siècles.

Pourquoi des femmes auprès des hommes ?

Précisément parce que les femmes, égales, ne sont pas « identiques » aux hommes ; elles parlent et interprètent la vie d’une voix différente, comme l’exposent les recherches en psychologie du développement sur le care. Les femmes possèdent un rapport privilégié à la relation, au souci d’autrui. Et ce positionnement différent n’est pas subalterne. En outre, il oriente selon d’autres harmoniques, la lecture, l’interprétation et la transmission des Écritures.

En matière de gouvernance, les femmes -aussi bien que les hommes mais autrement-, sont aptes à encadrer, encourager, dynamiser et faire d’un espace de vie à l’échelle d’un diocèse, un lieu de grandissement, de solidarité et de joie. Comme eux, mais différemment, elles sont semeuses d’espérance, de confiance en l’amour inaliénable de Dieu. Mieux qu’eux sans doute, elles peuvent devenir des ferments de communion, elles qui, depuis des siècles, accomplissent au sein de l’assemblée ecclésiale toutes les charges qui tissent les liens, qui entretiennent la communion avec Dieu (par la catéchèse), et entre les fidèles (en s’activant dans la préparation concrète des célébrations).

Et que dire de la charge d’enseignement ? Lumen Gentium 25 le stipule clairement : « Parmi les charges de l’évêque, la prédication de l’Évangile est la première ». Il s’agit donc d’expliquer et de transmettre. L’évêque doit être avant tout, un éducateur de la foi. La foi : les femmes la vivent comme les hommes ; quant à l’enseignement : faut-il demander à la société laïque de nous fournir les ratio de postes d’enseignantes pour nous convaincre que le temps est passé où saint Thomas, se fondant sur Aristote, redoutait l’imbecillitas féminine ?

Dans la fidélité à l’œuvre de st Irénée, il faut redécouvrir que Dieu nous appelle toutes et tous à la « croissance », qu’il veut notre divinisation et par conséquent nous invite à nous tenir ouverts, confiants et debout devant Celui qui nous a créés à son image, sans confiscation du pouvoir entre les mains d’une seule représentation de l’humanité.

Il importe donc de troquer les habitudes de l’entre-soi et du silence, contre un témoignage d’hommage à la vie, dans la joie de la fraternité et d’une collégialité dynamique.

Assumer une charge épiscopale, au service de la Parole, c’est aussi bénir et accueillir l’amour, signe de l’alliance de Dieu, quelles qu’en soient ses expressions. Et quand le pape explique que du point de vue de Dieu, il n’existe pas de limite à l’amour, il rejoint ce que développait déjà le Docteur Angélique en montrant que la miséricorde est la plus grande des vertus.

Ainsi, parce qu’à la suite du Christ, la fonction de l’évêque est de s’ouvrir à l’autre, à tous les autres et d’abord aux plus pauvres, aux plus fragiles, ce rôle de disciple impose de rejeter la peur de ceux qui interpellent, et dérangent, pour cueillir les richesses du partage. Il s’agit de paître les brebis, toutes les brebis, y compris celles que l’on croit différentes. Et pour cela, les hommes, au sens masculin du terme, n’apportent plus une garantie suffisante.

Pour toutes ces raisons, je propose ma candidature à une mission épiscopale afin d’ouvrir la collégialité ecclésiale aux facettes féminines des munera dont tout évêque est responsable.

A quel épiscopat est-ce que je propose ma candidature ?

Il est grand temps de tirer la leçon d’un tragique constat. Les églises se vident et l’absence de prêtres accroît la désertification des lieux de culte. D’autre part, mes échanges, dans divers lieux de vie, attestent d’un intérêt qui ne trouve plus d’interlocuteurs ecclésiastiques. Ces nombreux compagnons de rencontre profitent de mon état de théologienne pour s’ouvrir de leur soif de reconnaissance d’un Dieu qu’ils voudraient aimer mais dont ils ne retrouvent plus le chemin au fond de leur âme et qu’une certaine image de l’Église fait fuir.

Que proposons-nous à cette multitude pour laquelle croire conserve encore un sens mais pour qui l’Église n’est plus le lieu d’un ressourcement ou d’une réponse à leur demande de spiritualité ? La société a changé, et que propose le cléricalisme à celles et ceux qui n’entrent pas dans le « moule » hypocrite des Docteurs de la Loi ?

Mon diocèse sera celui d’une « évêque hors les murs », d’un « e-diocèse » afin d’être pasteure de celles et ceux qui ne se reconnaissent plus dans les structures diocésaines traditionnelles, n’y trouvant plus leur place ni les réponses à leurs questionnements.

Forte de mon expérience de théologie à distance, je sais que de très nombreux laïcs sont soucieux d’approfondir et de recevoir les bienfaits de la Bonne Nouvelle de l’Évangile. Théo en ligne prouve que faire « église » avec une moindre présence physique est opérant et efficace. Chacun a besoin d’empathie, de respect, et aspire à partager ses expériences de vie dans la lumière de la miséricorde. Il n’est pas toujours besoin de liturgie et de sacrements mais la transmission des richesses de la Parole de Dieu est vitale. Et ces millions de catholiques sevrés de cette Parole en souffrent jusqu’à se croire parfois abandonnés de Dieu. Une réaction trop fréquente est de l’abandonner en retour. Il faut les rejoindre là où ils sont.

Mon but est de les convaincre, de VOUS convaincre, de cet amour plus fort que les conventions, plus puissant que les péchés ou les fautes.

Grâce aux moyens de communication actuels, l’enseignement biblique et les échanges peuvent se vivre à distance. Et s’il est précieux de rassembler les « foules » comme le faisait Jésus, autour d’un partage du pain, d’un message de paix et de guérison de toutes les souffrances humaines, souvenons-nous que Jésus ne demandait de certificat de moralité à personne avant de les bénir et de leur donner le pain de vie. Accordons cet accueil à tous. Mais en amont, demeurons présents et à l’écoute dans un échange qui honore la singularité et porte la parole au cœur de l’existence de chaque personne.

Ce site veut rejoindre ceux qui sentent que Dieu murmure en eux mais ne savent plus en vivre, faute de se sentir reconnus par une institution sclérosée, qui juge au lieu d’accueillir. Ce site sera celui de toutes celles et ceux qui n’ont pas trouvé de raison de se rapprocher des assemblées desquelles ils se sentent étrangers et exclus.

Ce site doit devenir le vôtre.

2 réponses pour “Bienvenue”

  • Bravo pour ce lancement.
    Bravo pour cette belle présentation, mais pourquoi ne donnez-vous pas votre nom ? Les internautes seraient heureux de le connaître. Mais peut-être n’ai-je pas bien regardé.
    Il serait le bienvenu…en dessous de la photo par exemple.
    Je suis allé chercher un de vos livres sur internet pour le trouver…

    Martin POCHON
    Auteur de : “L’épître aux Hébreux au regard des Evangiles” Cerf, coll. Lectio Divina, Paris, oct. 2020.
    Ce livre est une lecture critique de la Lettre qui peut apporter de l’eau à votre moulin, car il me semble qu’elle propose une figure de l’autorité paternelle qui est à la source de tous les cléricalismes.

    • Merci pour votre message. Vous avez raison : je vais mentionner mon nom à côté de la photo comme je le fais dans d’autres articles.
      J’ai vu passer votre livre qui m’intéresse d’autant plus que Jean Massonnet (mon ancien professeur d’hébreu et ami)m’a fait entrer dans cette épître avec son très important commentaire publié également au Cerf.
      Il ne m’a manqué que le temps de l’acquérir et de le lire, car je m’étais concentrée ces derniers temps sur Marie (pour nos visio conférences de l’Avent avec Anne Soupa), sur mes autres travaux et sur les étudiants de Théo en ligne. C’est fou de manquer de temps pendant ce confinement à rallonge !!! Mais je rattrape peu à peu mon retard de lecture et je vais me procurer votre livre.

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