Un juif, un chrétien, un musulman : fraternels ou fratricides ? | Éditions Albin Michel

Éric-Emmanuel Schmitt, Pierre Assouline, Abdennour Bidar, Un juif, un chrétien, un musulman : fraternels ou fratricides ?, Paris, Albin Michel, 2026.

Par sylvaine Landrivon

Les prérequis sont clairs, chacun des trois auteurs de confession différente va entretenir un échange épistolaire dans le cadre des rencontres de Grignan, qui n’engagera en aucune façon une quelconque institution ou clergé. Ces rencontres que dirige Éric-Emmanuel Schmitt s’expriment ici par une conversation qui s’étale durant tout le printemps 2025, et tente de répondre à trois questions de base : qui sommes-nous ? Comment vivons-nous ? Où allons-nous ?

Éric-Emmanuel Schmitt entame la discussion dans un chapitre intitulé “Racines” avec une remarquable définition de son « être chrétien ». Le christianisme de l’auteur s’exprime par une appartenance : « Depuis que je crois au message des évangiles, je suis planté – étrangement planté, puisque mes racines plongent à la fois dans la terre et dans le ciel » (p.12). Et ses racines le relient à des frères d’hier, d’aujourd’hui, de demain, en lui enseignant cette humilité qui nous tient debout mais brise l’orgueil en se reconnaissant sujet singulier et semblable aux autres. D’ailleurs, cette humilité n’est pas soumission, et par amour, l’auteur se rebelle. « J’exècre l’Église servante des puissants, et, pire encore, l’Église puissante en elle-même, négligeant Jésus, sa pauvreté, sa miséricorde, sa folle liberté. […] J’exècre le catholicisme régressif qui dresse des clôtures, brandit des certitudes, s’invente des ennemis. Et je traque en moi-même ce qui pourrait y ressembler » (p.13). Pourtant s’il dénonce, il se tient solidaire de ses frères et sœurs en Christ, parce qu’il a compris « qu’être chrétien, ce n’est pas se rallier aveuglément à une Église ni défendre une identité : c’est juger à la lumière de l’Évangile et se laisser juger par elle. C’est accepter d’être dérangé mis en cause par cette Parole. […] Être chrétien, c’est espérer à contre-courant. » (p.14).

Le ton est donné et la barre est placée bien haut.

Pierre Assouline répond en pointant, dès l’ouverture, le doute qui l’habite et l’entretient dans une longue conversation avec les textes de la Bible, du Talmud, et les commentaires des commentaires qui imposent de ne jamais clore ni une question ni la mémoire. Pour Abdennour Bidar, être musulman est d’abord une expérience intérieure qui s’enracine dans les richesses d’un héritage apporté aussi par Ibn Atabî, Rûmî, Averroès, « et qui ne se réduit ni aux caricatures hostiles venues du dehors, ni aux crispations identitaires » (p.19). Pour corriger certaines tendances, il valorise l’accord entre les valeurs humanistes de la République et les principes métaphysiques de l’islam. Il plaide sans cesse pour libérer la vie spirituelle musulmane « de son enfermement et de l’étranglement des consciences dans une religion dogmatique et passéiste, qui a sacralisé sa tradition en oubliant qu’une religion, une tradition spirituelle, sont des constructions humaines » (p.20-21). Il est intéressant de voir que d’un philosophe à l’autre, le même constat est posé, par-delà la religion.

Vient alors le temps des « doutes ».

Éric-Emmanuel Schmitt, face aux trois grands textes sacrés se demande pourquoi Dieu s’y est « repris à trois fois », avant de réaliser qu’il s’en est plutôt remis à des intermédiaires humains qui interprètent, forment, et déforment sa Parole selon ce qu’ils en comprennent ou veulent en dire. Dans une description, peut-être un peu « rapide » des trois approches monothéistes, il attribue au judaïsme la Loi, au Nouveau Testament, le choix de fonder le monde sur l’amour (Pierre Assouline lui remémorera p.42 que « tu aimeras ton prochain comme toi-même vient du Lévitique 19,18 en précisant qu’il s’agit moins d’affection que de morale), et au Coran la volonté de relier le vertical divin et l’horizontal de la vie humaine. Pierre Assouline le reprend et renvoie à l’ancêtre commun Abraham. Pour l’historien, bien sûr, tout est déjà contenu dans la Bible. À son tour, Abdennour Bidar revient sur ces trois textes pour remarquer qu’en réalité « Il y a autant de lectures de ces textes qu’il y a de relations intimes entre l’humain et le divin ; et chaque passage […] ouvre à une infinité de significations possibles. » (p. 30). Il note que celui qui lit avec un cœur violent trouvera de quoi nourrir sa violence. C’est vrai pour le Coran qu’il évoque, cela l’est tout autant dans le judaïsme ou le christianisme. Il constate alors qu’un « texte sacré se mérite. Il ne livre pas son sens à celui qui s’y précipite, mais à celui qui a travaillé sur lui-même assez longtemps pour y voir autre chose que son propre reflet » (p.32). Et il nous donne l’exemple d’un terme arabe qui selon son interprétation peut signifier « frère différent » ou « mécréant, égaré ». Il importe donc de revenir sur l’interprétation des textes, ce qui constitue l’objet des troisièmes échanges. En se laissant traduire, Dieu se laisse trahir mais il nous parle. Pour E E Schmitt, la transcendance vient habiter en chacun de nous avec ce que cela comporte de terrible au point de dire : « il y a quelque chose de plus inquiétant à porter Dieu qu’à le contempler » (p.36). Et pourtant, il ne peut concevoir Dieu autrement que comme un Dieu d’amour. Pierre Assouline répond avec un peu de retard et tient à rappeler que la religion relève du domaine privé. « Elle n’a pas à se dévoyer en monstration et démonstration car, partant, il n’y a qu’un pas vers la provocation » (p.39). Rejoignant le thème de l’interprétation, il confirme qu’il « n’y a pas de lecture innocente, encore moins passive » (p.40), et selon lui, il ne saurait y avoir de texte réellement sacré puisque les Tables de la Loi ont été brisées. C’est peut-être, dit-il, pour cette raison que le judaïsme s’autorise à discuter, commenter, son texte fondateur. Pour Abdennour Bidar, notre lien à Dieu vient d’un amour réciproque qui fait dire à son prophète : « Ni Mes cieux ni Ma terre ne peuvent Me contenir, mais le cœur de Mon serviteur croyant Me contient » (p.46).

La deuxième partie commence par le chapitre des « femmes » comme pour se faire pardonner le fait que toute la première partie est rédigée au masculin. Pourtant Éric Emmanuel Schmitt le constate : « À scruter le sort que nos trois monothéismes ont réservé aux femmes, nous ne pouvons plus nous payer d’élans spirituels ni nous réfugier dans la dilection des textes » (p.49). Et après des années à l’écrire nous-même dans divers livres et articles, il est heureux de lire sous sa plume qu’un « homme, Jésus, parle aux femmes comme à ses égales. […] Il choisit même – ce détail bouleverse quiconque s’y arrête- de leur confier, les premières, la nouvelle qui va changer le monde. » (p.51). Hélas, comme il le souligne, « cette promesse s’est, telle une fleur, refermée sur elle-même. L’institution s’est dressée, hiérarchisée, verrouillée, exclusivement masculine. […] Ainsi l’Église a-t-elle produit cette silhouette paradoxale qui ne cesse de me hanter : une femme glorifiée dans l’image mais tenue à distance dans les faits, mise sur l’autel mais écartée de la table, élevée comme symbole mais abaissée comme personne ». (p.51). On ne saurait mieux dire ! Et il note au passage que les trois religions se rejoignent : « toutes trois ont accompagné le patriarcat plus qu’elles ne l’ont combattu » (p.52) perpétuant ainsi un « ordre injuste » en le revêtant « des habits du sacré ». Il se demande quand nous comprendrons « qu’une fraternité véritable se nomme sororité accueillie » (p.53). Loin de lui emboiter le pas, Pierre Assouline rapporte le féminin à la femme de Job ! Il rappelle qu’elle a ri de son mari qui refusait de maudire son Dieu, et note que Dieu la néantise au point de ne même pas la faire souffrir. Pour en conclure quoi ? Bien que rappelant le rôle de Déborah, Esther, Miriam, Ruth, on ne sait comment interpréter les phrases suivantes : « Or, le judaïsme demeure une religion patriarcale. L’une des premières bénédictions récitées chaque matin consiste à remercier l’Éternel de ne pas nous avoir fait naître femme. On n’oublie pas ce que sa désobéissance a coûté à la femme dans le jardin d’Eden : l’asservissement à l’homme » (p.56). On supposera qu’il s’agit d’une analyse au second degré, mais l’émotion devant « l’intime spectacle d’une femme allumant les bougies du chabbat » laisse planer un doute. Heureusement la lettre d’Abdennour Bidar redonne du baume au cœur féminin quand il point à son tour « ce qui est peut-être le péché originel de nos trois monothéismes, à savoir leur longue histoire d’infériorisation des femmes, de violences qui leur sont faites, de domination masculine ». (p.59). Et quelle page magnifique sur Maryam, celle que les chrétiens nomment Marie ! « Qui donc est Maryam, sur le plan symbolique ? Elle figure ce que le christianisme nomme la Capax Dei de l’être humain : sa capacité à enfanter le divin en lui. À ce titre, Maryam est notre âme – l’âme de chacun, femme ou homme, dès lors qu’elle se sait porteuse d’une dimension transcendante. L’effort de l’âme, selon notre mystique soufie est de se rendre vierge de tout désir, sauf celui d’accueillir le divin dans sa matrice. Alors, à cette condition seulement, elle devient féconde – elle tombe enceinte de Dieu. Comme Maryam. » (p.61). Voilà un enseignement coranique qui pourrait venir judicieusement consoner avec l’étude Marie telle que vous ne l’avez jamais vue. Dans le chapitre suivant, E. E Schmitt ne s’y trompe pas qui reprend cette approche comme une porte ouverte : « Que la sourate Maryam dise, en creux, que devenir pleinement humain c’est devenir féminin, voilà qui retourne tout ce que la tradition a fait de Marie. » Et sans surprise, cela le renvoie à Charles de Foucault avec cette prière qui consiste à lâcher prise et à s’abandonner à la volonté du Père, qu’il pressent semblable à celle que devait dire son frère musulman dans le désert du Hoggar. Il rejoint les propos de Pierre Assouline pour qui il n’y a ni vérité ni erreur en matière de religion, car une religion « relève de la révélation, non de la raison » (p.66). S’il faut unir croire et comprendre, les deux ne se confondent pas ; et prendre la foi pour la connaissance risque peut-être d’ouvrir la voie à la violence. D’où la leçon qu’il en tire : « parle et écoute celui qui sait qu’il n’obtiendra pas de certitudes, et cherche seulement à témoigner de sa façon de percevoir le monde » (p.67). Pierre Assouline intervient dans cette réflexion sur l’expérience du sacré en sortant d’une célébration de funérailles catholiques. C’est la musique qui l’a fait vibrer. Il note que le morceau qui rassemble le plus de foule par l’émotion dans les couloirs du métro est l’Ave Maria. De Gounod ? De Schubert ? Qui sait ? Et quand il évoque la prière qui pour lui se rapproche de la sensation ressentie par E.E. Schmitt dans le désert, -sans doute la Fatiha dont va parler A. Bidar-, il s’imagine prendre un Siddour, ce livre de prières dont il ferait « résonner sous un ciel comme un tapis d’étoiles ces mots si beaux qu’ils donnent l’impression d’en rencontrer d’autres pour la première fois » (p.71). Et il évoque comment le Cantique des cantiques transmet l’amour sous toutes ses formes qui « toutes nous interpellent dans notre intime conversation avec Dieu » (p.71). Puissions-nous dit-il ne jamais nous lasser des « Amen » qui mêlent par leur étymologie même « la sincérité, la foi, la confiance » dans les trois religions (p.72). Face à ceux qui n’ont pas compris ce qu’est la religion, Abdennour Bidar rappelle que « les meilleurs ennemis de la vie spirituelle, de la transcendance, ce sont hélas trop souvent les croyants eux-mêmes. Et surtout les clercs de toutes confessions. […] Souvent au service de leur propre pouvoir, ils font de cette vie spirituelle une prison de règles, une prison où la foi et la liberté étouffent sans échappatoire. Ils propagent alors dans les esprits le poison fatal : la conviction fanatique et meurtrière que le Dieu que l’on adore serait le vrai Dieu, et que la religion qui est la nôtre serait la vraie religion. » (p. 73). Pour ce philosophe, les vagues de nos cultures et de nos croyances forment pourtant ensemble le mouvement d’une immuable et sereine réalité.

Mais il faut aborder le chapitre des « crises contemporaines ». Et là, Éric Emmanuel Schmitt revient sur cet Amen commun, sur ces deux syllabes qui signent l’infini et nous disent « Je ne maîtrise pas tout, mais j’adhère à ce qui me dépasse ». Cette façon de dire « oui » manifeste tout autant qu’un « non », notre liberté, et élève celui ou celle qui le prononce. Et l’Amen nous relie à Dieu tout autant qu’à une communauté ; il « m’ouvre et me relie » (p.81). Pierre Assouline revient alors sur le danger du littéralisme dans sa sixième lettre, « au cœur de tant de problèmes depuis si longtemps » (p.83). Il constate, désolé, que c’est chaque fois un retour à ce littéralisme qui nous conduit vers le drame. Catastrophe d’autant plus grande que « nous avançons dans un monde où nous trouvons de moins en moins de gens à qui parler » (p.85). Il raconte l’histoire d’humour triste d’un ambassadeur polonais aux USA sous Nixon, catholique non pratiquant, communiste pratiquant non croyant, et s’interroge : « Je me demande si nous ne sommes pas tous un peu dans la même position que ce Polonais – en situation d’opérer des arrangements raisonnables avec notre conscience, non seulement en fonction des circonstances, mais face aux injonctions des docteurs de la Loi – […] Tant qu’ils se contentent d’être des clercs, ça va encore ; mais qu’ils se mêlent de devenir des chefs, le pire est à craindre […] Ce qui paraît extravagant, c’est qu’un homme -quel qu’il soit, dans quelque religion que ce soit – ose parler aux autres hommes au nom de Dieu ! » (p.87-88).

Abdennour Bidar revient sur la sourate précédemment évoquée qui comme les bras de la croix du Christ permet de relier le vertical et l’horizontal, le ciel et la terre, nos vies sur la ligne du temps. Ne faut-il pas retrouver le sens de la prière, mais, se demande-t-il : « Combien de temps faudra-t-il au tyran de l’anthropocène pour comprendre qu’il lui faut aussi une prière, et pas seulement des politiques et des technologies ? » (p.92).

C’est sur cette aspiration à davantage de spiritualité que s’ouvre la dernière partie « Où allons-nous ? », qui envisage la possibilité d’une authentique fraternité. Les auteurs ont bien conscience du faible pouvoir de leur expérience. Cependant, ce livre peut engager un entretien avec le lecteur et si « le livre ne crie pas, il chuchote. Il n’assène rien, il éclaire » (p.96) nous rappelle l’optimiste E.E. Schmitt. Il revient sur l’importance de s’instruire car c’est une arme contre la peur. Or, « là où s’infiltre la peur, s’installe la soumission. De quelle peur s’agit-il ? La peur de penser. Le littéralisme naît de cette peur du doute » (p.98). Est-ce impie ? Certainement pas, car Dieu a donné aux humains la liberté d’interroger, de réfléchir, de contredire. Et il voit comme signe de la profondeur spirituelle le fait que ses deux partenaires d’écriture n’hésitent pas à se confronter l’un à la Bible l’autre au Coran. Abdennour Bidar va dans son sens pour dénoncer la trop fréquente caricature de la religion, et il nomme les coupables : « il est vrai que les clercs de toutes les confessions se sont trop souvent servis de leur empire sur les âmes pour assouvir leur volonté de puissance et, hélas, leurs plus basses pulsions » (p.101). Le phénomène religieux doit pouvoir échapper au simplisme des jugements posés sur lui. L’expérience de la transcendance n’est pas réductible à un « opium du peuple ». « Quelle est donc la vertu du religieux – au-delà des vices de la religion ? Cette vertu est d’éviter à l’existence humaine de s’imaginer enfermée dans l’espace clos de sa finitude » (p.104). A. Bidar nous invite à retrouver l’inspiration de l’infini pour sortir d’un monde où nous errons de cage en cage. « la cage de notre finitude sur le plan existentiel. La cage de notre individualisme sur le plan social. La cage de notre scientisme sur le plan intellectuel. La cage politique d’un totalitarisme tantôt dur, celui des dictatures, tantôt doux, celui des pseudo-démocraties. Et la dernière cage, peut-être la plus machiavélique : celle d’un univers démesuré dont l’immensité même réduit l’homme à un point d’insignifiance. » (p.105). Dans sa septième et dernière lettre, Pierre Assouline abonde dans son sens et confirme que les religions ont élevé, enrichi l’esprit humain, par ses édifices, par ses textes. Sur l’importance du livre, il nous offre une anecdote magnifique qui le lie à E.E. Schmitt et rappelle que l’on ne peut pas se clore sur un seul livre. Lire beaucoup ouvre l’espace. « Cela m’a toujours retenu d’appartenir pleinement à une communauté rassemblée dans un temple car j’ai trop de mondes en moi […] Nous avons l’esprit trop critique pour accepter les dogmes sans réagir. » (p.111). Dans sa lettre numéro huit, Éric Emmanuel Schmitt prolonge cette ouverture au monde : « je préfère les civilisations qui accueillent, même maladroitement, à celles qui se barricadent » (p.115). La spiritualité ouvre à plus grand que soi, c’est pourquoi il milite pour une fraternité bien comprise, qui se révèle être un superbe cadeau, comme en témoigne la rédaction de cet ouvrage. (Nous ferons l’effort chaque fois de lire « sororité », « sœur », à travers la masculinisation des termes). « Nous sommes frères en ignorance, parce que la vie demeure un mystère. Frères en fragilité, parce que nous sommes mortels. Frères par nos religions puisque nous croyons en un même Dieu. » (p.119). Le dernier mot, dont aucun ne veut, revient à Abdennour Bidar. Du fait de lire encore et encore, l’auteur poursuit en se fondant sur Marcel Proust, jusqu’à s’apercevoir avec lui que « la lecture est au seuil de la vie spirituelle ; elle peut nous y introduire : elle ne la constitue pas » (p.112). Cela nous conduit au silence. Peut-être en bon philosophe, suggère-t-il d’atteindre ce seuil énoncé par L. Wittgenstein dans sa dernière proposition du Tractatus logico philosophicus : «Ce dont on ne peut parler, il faut le taire. »

Puisqu’il lui a été donné la charge de conclure le livre, il propose cette prière : « prions pour qu’une humanité qui ne sait pas vivre avec ses différences cède la place à une humanité qu’un saut de conscience aura éveillée à l’unité mystique du vivant […] Là, l’œil humain, enfin ouvert, contemple émerveillé, l’immense frondaison scintillante et vibrante de l’arbre de la vie divine. »

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